Super Bowl 2026 : Quand Bad Bunny redéfinit les codes vestimentiares
Le 09 février 2026, personne n’a pu passer à côté du show de Bad Bunny pour la mi-temps du Super Bowl. Le concert du chanteur originaire de Porto Rico s’est déroulé dans un contexte tendu avec l’administration du président des Etats-Unis. En effet, l’artiste est connu pour ses prises de positions politiques engagées contre la politique d’immigration de Donald Trump. Le 1er février dernier lors des Grammy Awards, Bad Bunny s’est exprimé sur le sujet en condamnant les agissements de l’ICE en clamant : “ICE out” lors de son discours. Depuis l’annonce de Bad Bunny pour cet événement annuel, Donald Trump a fortement critiqué le choix de cet artiste affirmant qu’il n’est “pas assez populaire” et “qu’il ne représente pas les valeurs de réussite américaine” sur son média Truth Social.
Pour son concert, Bad Bunny a choisi un message aussi bien précis que fort : “The only thing more powerful than hate is love”. Sa scénographie nous a plongé au cœur des rues portoricaines en mettant en lumière la diversité présente sur le continent Américain. Le chanteur de reggaeton a porté fièrement ses racines en étant le premier artiste à performer en espagnol lors de cet événement. Il a également exposé le drapeau de Porto Rico tout en prônant une reconnaissance égalitaire des pays qui constituent le continent. A travers un “God Bless America” et d’une citation de l’ensemble des pays Américains, Bad Bunny honore le continent à sa juste valeur en nous rappelant que le mot “Amérique” est trop souvent utilisé pour faire allusion à un seul pays : les Etats-Unis.
Le choix de la tenue de Bad Bunny est également un choix raisonné. Ce choix s’oriente autour d’une volonté de se rapprocher du peuple, à travers une tenue accessible. Le chanteur a porté un ensemble blanc cassé de la marque Zara, une marque qui s’éloigne des habitudes du Super Bowl. La haute couture est toujours choisie par les artistes désignés pour performer lors de l’événement pour souligner le caractère grandiose du show. Ce caractère était toutefois présent dans la montre Audemars Piguet visible à son poignet.
Ici, l’ensemble écru porté par Bad Bunny est composé d’un t-shirt manches longues, d’un pantalon, de sa paire en collaboration avec Adidas la BadBo 1.0 resilience, de gants, d’une veste de costume et d’un surpull. La tenue stylisée par Storm Pablo et Marvin Douglas Linares en apparence simple contenait des symboles forts pour l’artiste. Le surpull à la silhouette d’un maillot de football contenait un flocage 64 et le nom “Ocasio" en référence à sa mère Lysaurie Ocasio née en 1964.
Malgré un caractère accessible de leurs produits, Zara reste fortement critiqué en vue des nombreux problèmes connus sur la fast-fashion. L’impact environnemental et les conditions de travail alarmantes de la production des produits fast-fashion dénotent avec les valeurs mises en avant par Bad Bunny. Cette tenue illustre ainsi le paradoxe de la mode actuelle. La fast-fashion porteuse d’une fonction utile et accessible est contrastée par ses dérives. Ce contraste n’annule pas le propos : il le rend plus révélateur encore. Car aujourd’hui, même les choix vestimentaires les plus symboliques s’inscrivent dans un système globalisé dont il est difficile de s’extraire totalement. La mode apparaît alors comme un langage fort, mais traversé de contradictions. De par sa tenue, Bad Bunny brouille ainsi les lignes entre son message social et la réalité économique et sociale.